I
- La taxe d’habitation
L’article 1407-1° du C.G.I. stipule que la taxe d’habitation
est due pour tous les locaux meublés affectés à
l’habitation. Cette taxe d’habitation est calculée
d’après la valeur locative des habitations proprement
dites, mais également de leurs dépendances.
L’Administration a précisé que les dépendances
s’entendent de tout local ou terrain qui, en raison de sa
situation par rapport à l’habitation proprement dite,
de son aménagement ou de sa destination, peut être
considérée comme une annexe de celle-ci.
La piscine est une dépendance de l’habitation en raison
:
• de sa situation : elle est contiguë à l’habitation
• de sa destination : elle est réservée à
l’usage des occupants de l’habitation.
La piscine est donc bien imposable à la taxe d’habitation.
En tant que constructions nouvelles, les piscines sont soumises
à déclaration (modèle H1) dans les 90 jours
de leur réalisation définitive (article 1406 du C.G.I.)
et peuvent, par là même, bénéficier de
l’exonération temporaire de taxe foncière prévue
par l’article 1383 du C.G.I, en faveur des constructions nouvelles
durant les deux années qui suivent leur achèvement,
sauf pour la part communale s’il y a délibération
de la commune et/ou du syndicat de communes.
Il convient de signaler que l’administration fiscale procède
aujourd’hui à la maintenance des plans cadastraux par
voie de photographies aériennes, ce qui a pour conséquence,
bien évidemment, de relever la présence des piscines.
Valeur locative des piscines
Quelle est la méthode de détermination de
la valeur locative de la piscine ?
Les piscines sont des dépendances bâties, qui aux termes
de l’article 324 L-II annexe III au C.G.I., sont considérées
comme un élément de pur agrément.
Elles sont l’objet d’un classement, puis la détermination
de leur valeur locative est effectuée par le Centre des Impôts
Fonciers d’après le tarif communal résultant
du procès-verbal d’évaluation communale.
Classement des locaux
La nomenclature pour le classement des locaux et de leurs
dépendances bâties est réalisée à
partir d’une nomenclature nationale. Quatre catégories
de dépendances bâties sont prévues (de A, qualité
bonne, à D, qualité mauvaise).
Les services locaux ont cependant adapté les classifications
de la nomenclature nationale aux situations communales, soit en
ne retenant pas les catégories non représentées
dans la commune soit, au contraire, en créant toute catégorie
intermédiaire.
Les dépendances isolées ou de pur agrément,
comme les piscines, font l’objet d’un classement par
comparaison avec les dépendances de référence
représentatives de chaque catégorie. Au terme de ces
opérations, chaque dépendance se trouve classée
dans une nomenclature communale. Mais un contribuable peut toujours
contester la classification communale de sa piscine. La liste de
locaux de référence et leur évaluation peuvent
être connues en s’adressant au Centre des Impôts
Fonciers territorialement compétent. C’est à
ce service qu’il convient de s’adresser également
pour connaître le détail des évaluations individuelles.
Méthode d’évaluation de la valeur locative
L’évaluation des piscines se fait distinctement
de l’habitation, par comparaison avec une piscine de référence,
et consiste à calculer sa surface pondérée
à partir de sa surface réelle.
La valeur locative de la piscine s’obtient ainsi :
Surface du plan d’eau X prix au m2
La surface du plan d’eau est la surface réelle qui
comprend le bassin + la partie aménagée cimentée
qui entoure ce plan.
Un correctif d’ensemble intervient ensuite, qui est la somme
algébrique des trois coefficients particuliers suivants :
a) Le coefficient d’entretien qui varie de - 0,80 à
+ 1,20.
b) Le coefficient de situation générale, qui est fonction
de la situation du local (qui est en moyenne de + 0,05 à
- 0,05).
c) Le coefficient de la situation particulière qui tient
compte de la qualité des accès, de la vue, de l’orientation,
du voisinage dont le barème est identique à celui
du coefficient de situation générale (- 0,05 + 0,05).
Enfin, on retient le prix au m2 fixé d’un commun accord
avec la Commission Communale des Impôts et l’Administration;
il varie selon les communes et selon la qualité de la construction
de la piscine et est soumis aux actualisations annuelles.
Le détail des calculs qui aboutissent à la détermination
de la valeur locative de la piscine fait l’objet d’une
fiche de calcul établie par l’Administration et dont
les propriétaires et locataires intéressés
peuvent obtenir photocopie sur simple demande.
Il convient de signaler que l’administration fiscale vient
de terminer une révision générale des valeurs
locatives cadastrales dont la mise en œuvre sera étalée
dans le temps.
II - La taxe foncière
Les piscines sont également taxables au regard de la taxe
foncière sur les propriétés bâties au
titre des articles 1380 et 1381 du C.G.I. dans lesquels il est stipulé
que la "la taxe foncière est établie annuellement
sur les propriétés sises en France, ainsi que les
ouvrages en maçonnerie présentant le caractère
de véritables constructions".
Les piscines sont donc taxables dès lors que leur construction
ou leur maintien nécessite l’édification d’un
cadre en maçonnerie de quelque nature que ce soit (critère
de fixation au sol à perpétuelle demeure). Ne sont,
par contre, pas imposables, les piscines en matériaux composites
dont la pose ne nécessite qu’un creusement.
L’assiette de la taxe foncière s’établit
de façon similaire à celle de la taxe d’habitation,
d’après la valeur locative de la piscine.
Origine de la documentation : Madame Jolivet - Division Juridique
et Fiscale de la Fédération Nationale du Bâtiment.
|